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samedi 13 mars 2010
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Chronique ABC

Rencontre avec un gestionnaire de l'heure : Gerald Coleman
Marc-André Deland, Clubfin
6 juin 2003
madeland@clubfin.com

Cette semaine, nous avons eu la chance de rencontrer un des gestionnaires les plus en vus au Canada. Il s'agit de Gerald Coleman, gestionnaire de la gamme de Fonds C.I. Harbour. Étant donné la pertinence de la conférence, nous avons décidé de vous faire part de ses commentaires sur les Fonds C.I. Harbour ainsi que sur l'humeur des marchés en général.

M. Coleman a commencé sa carrière en finance chez Montréal Trust, où il était responsable de la gestion de portefeuilles pour des successions, des fiducies, des particuliers ainsi que pour des caisses de retraite. En 1978, il s'est joint à l'équipe de United Financial Management pour se spécialiser dans la gestion de fonds communs. Il a ensuite joint la Corporation financière Mackenzie en 1992 pour travailler à l'élaboration de la famille de fonds "Ivy". Finalement, c'est en 1997 qu'il entre dans la famille de Fonds C.I. pour mettre en place la gamme de fonds Harbour.

Nommé gestionnaire de l'année en 2001 par la Canadian Mutual Fund, Gerald Coleman a un style de gestion que l'on qualifie de Valeur. Cependant, il ne ferme pas les yeux sur des entreprises dites de " croissance ". En fait, il recherche des firmes souvent sous-évaluées par le marché, mais qui possèdent de très belles perspectives de croissance. Il en fait même une prémisse d'investissement. Si un titre est sous-évalué, mais que celui-ci ne démontre aucun signe ou à tout le moins très peu de croissance, ce titre restera au rancart. Pour M. Coleman, une croissance des profits, des revenus et des fonds autogénérés libres sont des éléments essentiels pour faire l'acquisition d'un titre… mais le tout doit se faire à un prix raisonnable. Dans tous les cas, il recherche de bonnes entreprises qui sont des " leaders " dans leur créneau respectif. M. Coleman, se dit même quelque peu " contrarian ". Aller à l'encontre des tendances boursières ne l'effraie peu.

À l'intérieur de ses portefeuilles, M. Coleman travaille avec une méthode méticuleuse et il ne déroge en aucun cas de celle-ci. Il cible les sociétés en question et procède à une analyse fondamentale approfondie. Évidemment, une rencontre avec les dirigeants est primordiale dans la sélection des entreprises. Lorsqu'un titre semble adéquat pour être incorporé à un Fonds C.I., de petites participations sont prises dès le départ pour tâter le terrain et seront renforcées, au besoin, dès que la confiance vis-à-vis la société est établie. Ainsi, un portefeuille type géré par M. Coleman est constitué de 30 à 40 titres et effectue très peu de rotation ( 25 %, c'est-à-dire que les titres sont détenus en moyenne 4 ans dans le portefeuille). Son approche défensive limite les pertes en période de correction des marchés, mais ne constitue aucunement un obstacle en ce qui à trait au potentiel de hausse. Voilà pourquoi les fonds gérés par M. Coleman ont su se démarquer en dépit des marchés difficiles des dernières années.

Perspectives des marchés selon M.Coleman

M. Coleman nous a entretenu au sujet de l'économie et de ses perspectives en général. Il a soulevé quelques points intéressants qui suivent :

  • La force des ménages (consommateurs) est la locomative de l'économie canadienne. Globalement, la croissance économique d'un pays est supporté au 2/3 part les ménages. Les dernières années l'ont prouvé, car les entreprises ont drastiquement coupé dans leurs investissements de tout genre mais l'économie canadienne à toujours su garder le cap (grâce aux ménages). M. Coleman se questionne, et avec raison, sur la continuité que pourrait avoir les consommateurs à supporter l'ensemble de l'économie. Si les ménages diminuent leur consommation et que les firmes ne prennent pas la relève alors l'économie pourrait en souffrir.

  • En ce qui à trait au risque de déflation (baisse générale des prix), M. Coleman ne semble pas trop s'en soucier. En fait, il persiste à croire que l'inflation restera présente pour les prochaines années et que celle-ci pourrait se situer dans une fourchette de 3 à 4 % sur une base annuelle.

  • Le secteur obligataire ne renferme pas, selon lui, de très bonnes perspectives d'avenir. Il stipule que l'euphorie en ce qui à trait à la demande au niveau obligataire est chose du passé et que la fête est probablement terminée. Cela ne veut pas dire qu'un fonds d'obligations n'a pas sa place dans un portefeuille diversifié, mais il s'agit de faire une recherche méticuleuse et de se concentrer sur la qualité. Évitez les Junk Bonds (obligations de pacotille)!

  • Au sujet des fonds de fiducies de revenu, M. Coleman répond sans équivoque qu'il s'agit d'un produit très à la mode par les temps qui courent (les actifs sous gestion sont passés de quelques milliards $ à plus de 47 milliards $ en peu de temps) et qu'étant donné cette croissance vertigineuse, il faut être très prudent lors de l'achat de ce type de placement, car trop de fiducies sur le marché n'ont pas leur raison d'être. De plus, les fonds de fiducies de revenu sont souvent perçus comme étant des obligations (souvent moins risqué que les actions), mais c'est tout à fait le contraire. Le cours des fiducies de revenu fluctuent davantage que les obligations et se comportent plutôt comme des actions.

M. Gerald Coleman a terminé sa conférence avec une phrase qui en dit long, mais qui est tout à fait pertinente : " Patience and forward thinking ". Investisseurs, soyez patients et regardez vers l'avant et non dans le rétroviseur. Les marchés boursiers sont favorables à long terme, ne l'oublions pas.


 
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